Aissatou Baldé – Interview

Le 6 mars 2020, 300 étudiantes venus des différentes universités de Conakry étaient rassemblées dans la capitale guinéenne pour suivre la formation Digital Young Woman Guina (DYWG). Le but de cette session ? Former ces jeunes filles aux nouvelles technologies et aux métiers du digital, grâce au concours de de la marraine de l’évènement Djéné Condé, épouse du président de la République. L’initiatrice de cet évènement, c’est Aissatou Baldé, fondatrice du DYWG et secrétaire générale des New Change Makers, l’ONG qui organise l’évènement.

Elle raconte à la Guinée en Action comment cette aventure a commencé, en partant de ses années lycée : « En classe de Terminale, j’ai commencé à faire du mannequinat pour commencer à être active dans la vie, mais par la suite j’ai abandonné car le mode vestimentaire des mannequins était différent des valeurs inculquées en famille, après cela j’ai fait le cinéma, une période qui m’a permis de jouer plusieurs rôles différents, d’avoir l’esprit de créativité et forger mon caractère. Arrivée à l’université, un professeur m’a conseillé de faire un concours dénommé « voix des jeunes » comme j’étais une fille distraite et intelligente. […] C’est lors de ce concours que j’ai appris à faire le montage de projet, à pouvoir collaborer, à avoir l’esprit d’équipe. A la fin du concours, j’étais la seule fille à avoir eu plusieurs solutions d’où j’ai eu le titre « MISS SOLUTION GUINEE », il faut aussi rappeler que je suis l’unique car le concours n’a plus eu une deuxième Edition en Guinée. […] A la suite de cela, je suis devenue secrétaire générale de News Change Makers (qui a pour objectif l’autonomisation de la femme guinéenne et l’éducation des enfants) , et c’est ainsi que j’ai décidé de monter le projet de formation de 300 jeunes filles dans le digital 2 ans après. J’ai été directrice de projet de plusieurs activités notamment les dons de sang aux malades de Ignace Deen, Des randonnées et dons de fruits aux diabétiques de Donka. » La jeune femme a également confiée s’être inspirée des activités lancées par Saboutech pour former les guinéennes à l’utilisation de logiciels comme JavaScipt ou WordPress.

Lauréate en 2019 du prix All Africa du Leadership Féminin -: « Ce prix m’a fait comprendre que j’étais sur le bon chemin et que je devais doubler mon engagement pour faire impliquer plus de jeunes filles » , Aissatou Baldé plaide pour une plus grande accessibilité des moyens d’éducation et de formation, en passant à la numérisation des cours et insiste sur l’importance pour les entreprises d’accorder des stages aux jeunes femmes. Elle donne plusieurs autres pistes pour la mise ne place de politiques publiques : « Premièrement, il faudrait commencer par sensibiliser les guinéennes pour qu’elles prennent conscience de leur valeur sur le marché du travail. Deuxièmement, il faut les former en fonction du besoin sur le marché de l’emploi. Troisièmement, elles ont besoin de créations d’emplois qui correspondent à ces formations, sans oublier de leur donner des responsabilités ! »