Comment Cellou Dalein Diallo utilise la désinformation


Le site Médiapart publie sur son site une tribune concernant une situation « préoccupante » en Guinée, à la veille d’une grande consultation populaire proposée aux Guinéens. Cette tribune est écrite par Cellou Dalein Diallo, un des opposants au régime guinéen actuel. Malhonnête et honteux, cet article se fonde uniquement sur des accusations portées gratuitement et sans vérification. Il est par conséquent nécessaire de définir plus en détail qui est son auteur, et pourquoi Mediapart relaye ce type de production.

Cellou Dalein Diallo est un des candidats aux deux dernières élections présidentielles de Guinée, éliminé au deuxième tour en 2010 et au premier tour en 2015. Premier ministre de Guinée sous le régime militaire de Lansana Conté, est issu d’une des principales communautés ethniques du pays. Un peuple qu’il instrumentalise volontiers à des fins politiques. Son score obtenu au premier tour de l’élection de 2010 représentait globalement celui de sa communauté d’origine, et n’avait que peu augmenté lors du deuxième tour, démontrant le rejet de sa candidature par la majorité des Guinéens qui l’ont jugé partial et sectaire. Les autres élections ont confirmé ce verdict populaire : son score s’est peu à peu étiolé au fil des élections, résultat d’une politique jugée manipulatrice. Le comportement de Cellou Dalein Diallo représente depuis 2010 le même danger pour la paix et la stabilité de la Guinée.

Cette figure de l’opposition n’a pas de programme politique, misant ses chances dans l’affrontement et la provocation imposés au reste de la communauté politique, et tentant de persuader plutôt que de convaincre. Instrumentalisant ceux qui le soutiennent, il les pousse à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Une stratégie visant à provoquer le plus de violences possibles et fournir aux médias des images assez choquantes pour décrédibiliser le gouvernement, au mépris de la vie des forces de l’ordre, avec l’aide de personnel médiatique. Des manœuvres durant lesquelles femmes et enfants sont mis au-devant de provocateurs qui font dérailler les cortèges, parfois au moyen d’armes létales. Il utilise jusqu’à des contenus trafiqués, comme la diffusion récente d’images d’une manifestation violente se déroulant en Afrique du sud mais présentée comme se passant en Guinée. Une calomnie dénoncée par l’émission télévisée « Le Vrai du faux », diffusée par France Info. Son équipe présente régulièrement comme répression des incidents sur des victimes…qui n’étaient pas présentes sur les lieux cités.

Même au sein de sa communauté, sa crédibilité a au fil du temps été fortement entamée. Il a donc manœuvré pour rassembler des groupes d’opposants au sein d’une unique plate-forme, le FNDC (Front National de Défense pour la Constitution). Une autre stratégie dangereuse, qui risque de faire s’affronter les Guinéens entre eux en mettant l’appui qu’il reçoit des communautés. La population ne se laisse cependant pas abuser et les réunions organisées par le gouvernement ont enregistré une participation massive et diverse du peuple Guinéen. Son bilan comme Premier ministre, que ce soit au niveau social ou économique, est loin de plaider en sa faveur.

Quant à Mediapart, ce média a déjà prouvé qu’il retenait avant tout le sensationnel, avec plus ou moins de vérification dans les informations qu’on lui demande de publier. Une attitude peu professionnelle dans le monde médiatique d’aujourd’hui.

Abordant maintenant le fond de l’article, il convient de clarifier les choses : un référendum est une consultation populaire et c’est donc le peuple, qui seul, se prononce. L’opposition ne peut pas se prévaloir du soutien des Guinéens et dans le même temps refuser de participer à cette consultation. Si elle est sûre de ce soutien, elle doit dans son intérêt laisser l’exercice se dérouler et même promouvoir le scrutin. Mais sachant le score qu’il peut espérer, Cellou Dalein Diallo préfère risquer le tout pour le tout en qualifiant le référendum de mascarade et appliquer la stratégie qu’on lui connait. Est-ce réellement la bonne façon de préserver la démocratie guinéenne ? Les Guinéens seront seuls juges le dimanche 1er mars 2020.

Pour tenter d’affaiblir la légitimité de ce scrutin, il attribue au Président en place la volonté de briguer un troisième mandat, ce qui serait la seule raison de ce changement de Constitution. Cette volonté n’a jamais été affirmée et les Guinéens trancheront cette question. Leur réponse ne sera entendue que grâce aux résultats du vote.

Cependant, avec la décision d’une partie de l’opposition de boycotter le scrutin, ce qui devait être une consultation populaire s’est transformée en journée à haut risque, étant donné les consignes données de multiplier les provocations et les destructions de matériel électoral. Cellou Dalein Diallo, et tous ceux qui le suivent, se chargeront de relayer dans les journaux les images mensongères et trafiquées qui auront pour seul but de dresser les Guinéens les uns contre les autres. Un comportement indigne d’un dirigeant national, allant à l’encontre de l’intérêt de son pays et du peuple de Guinée.