Culture

Le reflet d’une histoire riche et singulière

La culture guinéenne a fortement été influencée par l’histoire singulière du pays. Lieu d’installation historique des populations africaines, la succession des royaumes et des empires régionaux ont donné lieu à un brassage des populations et fait naître une culture unique.

Ce creuset a connu deux révolutions majeures : lors de la colonisation tout d’abord, elle a été métamorphosée par l’émergence de nouvelles règles sociales et de l’Eglise sur le territoire guinéen ; et après l’indépendance, elle a dû s’adapter à la vision de la culture de Sékou Touré, qui prônait un Etat interventionniste dans le domaine culturel.

Le français est la première langue du pays est reste en forte expansion ; c’est également la langue officielle et langue unique d’enseignement dans le pays depuis 1984. L’arabe garde une importance par le poids de la religion musulmane dans le pays, et l’anglais est présent dans les zones frontalières avec les pays anglophones (Libéria et Sierra Leone). On compte au total 6 langues nationales (le malinké (ou maninka), le soussou, le peul (ou poular) le kissi, le guerzé (ou kpelle), le toma et une vingtaine d’autres langues plus régionales.

Tout au long de leur histoire, les communautés guinéennes ont réussi à sauvegarder leurs identités culturelles, grâce à une pratique de leurs arts respectifs qui a permis de conserver une source d’expression et d’inspiration. Cette préservation a notamment permis de transmettre des œuvres artisanales précieuses comme les masques et instruments de percussion des communautés baga ou kissi.

La transmission orale a également joué un grand rôle dans la préservation de cette culture. Elle a été assurée par les djeli, (nom en langue malinké utilisé en Guinée pour désigner les griots, conteurs africains traditionnels). Le rôle de ces griots se retrouve dans la littérature et la musique guinéennes. Ainsi, des familles de djeli vont faire éclore de grands noms de la musique guinéenne tels que Mory Kanté (« griot électrique »), N’Faly Kouyaté ou Ba Cissoko, qui vont intégrer les rythmes traditionnels des griots à des musiques aussi diverses que la pop ou le jazz.

L’entrée dans l’écriture et la littérature

Les textes religieux et institutionnels musulmans seront les premières œuvres écrites de la région guinéenne. La charte de Manden, datée de 1212, est l’un des textes transposés les plus célèbres. Proclamée par un empereur malien, transcrite d’après les récits de griots, cette charte est une des toutes premières déclarations connues de l’histoire de l’Humanité fondant l’Etat sur la personne humaine universelle, et dont plusieurs passages traitent du droit des femmes.

La littérature guinéenne présente une forte diversité de langues d’écriture : avec l’arabe, le français va contribuer à la naissance d’une expression écrite qui unit les différentes parties du pays.  L’exil est un thème souvent exploré par les auteurs guinéens, marqués pour beaucoup par les relations avec la métropole française ou la fuite de la dictature de Sékou Touré : deux œuvres fondamentales : « L’enfant noir » de Camara Laye et « Kesso, princesse peuhl » de Kesso Barry sont d’éminentes occurrences de ces thématiques dans les œuvres littéraires guinéennes.

La littérature contemporaine reste très influencée par l’art du conte des griots guinéens. Ainsi des auteurs comme Djibril Tamsir Niane, dont les récits mêlent oral et écrit et qui explore l’histoire du pays, s’inspirent de l’art griot pour créer leurs propres œuvres. D’autres écrivains comme William Sassine ou Tierno Monémembo tiennent une part importante dans le panthéon littéraire guinéen.

Cinéma

Mouramani de Mamadou Touré, un réalisateur considéré comme un pionnier du cinéma africain (son premier court métrage date de 1953. Après avoir connu un fort développement après le passage à l’indépendance du pays, le cinéma guinéen passe progressivement (comme la littérature) de la langue régional au français ; émergent alors des réalisateurs comme Cheikh Fantamady Camara ou Mama Keita qui vont développent une filmographie d’auteur et figurent au programme de plusieurs grands festivals mondiaux. Depuis 2004, des écoles de filmographie ouvrent dans le pays pour perpétuer cet héritage.

Gastronomie

La cuisine guinéenne s’appuie traditionnellement sur les céréales et les tubercules, tels que le fonio, le manioc ou l’igname, mais le riz, apparu plus tard, est devenu l’aliment de base de la majorité des Guinéens. De nombreuses sauces (manioc, arachide, diverses feuilles) sont originaires du patrimoine gastronomique guinéen, typique de la région ouest-africaine.

La Guinée dispose d’une Agence Guinéenne de presse, ainsi que d’un groupe audiovisuel public, la RTG (Radio-Télévision Guinéenne). Un quotidien écrit, le Horoya, a été fondé par le parti au pouvoir de Sekou Touré ; il reste une des rares quotidiens de presse écrite dans le pays, le reste des titres de presse étant plutôt hebdomadaires ou mensuels et sont diffusés principalement à Conakry. D’une manière générale, la presse guinéenne a été marquée par le coup d’arrêt subi durant l’épidémie de grippe Ebola.

La Guinée a plusieurs fois envoyé des athlètes aux Jeux olympiques d’été. Le football reste le sport le plus pratiqué, et l’équipe nationale (surnommée « le Syli national ») a atteint la finale de la Coupe d’Afrique des nations en 1976, une des plus grandes réussites du sport guinéen. Le basket-ball, le handball et le volley sont, derrière le football, les sports les plus pratiqués.