Deux poids, deux mesures ?

« L’engagement du Président Alpha Condé à demander une réforme de la Constitution ne nous paraît pas être obligatoirement partagée ni par sa population, ni par ses voisins ».

Les récents propos du ministre français des affaires étrangères, Jean Yves le Drian, à propos du débat sur le projet de nouvelle constitution guinéenne, qui serait selon lui, susceptible de conduire à des jours d’incertitudes, prêterait à sourire. Si en matière de réformes, le chef de la diplomatie française n’était pas membre d’un gouvernement, dont les projets de réforme depuis un an, ont jeté des centaines milliers de Gilets Jaunes dans les rues de France, ainsi que d’autres autour du projet de la loi sur les retraites. Une autre réforme, pas obligatoirement partagée par la population. Et d’ailleurs, parmi les pays voisins de la Guinée, il en existe un dont le chef de l’Etat a le même parcours politique : celui d’un président élu pour un quinquennat, renouvelable une fois.

Cette année à la fin de son second mandat, ce Chef de l’Etat – il a déjà fait adopter une nouvelle constitution – très critiqué par une partie de sa population, à fortiori quand l’avenir présidentiel de ce dernier n’est toujours pas tranché, dira si oui ou non il briguera un troisième suffrage. Et pourtant, c’est le silence radio du côté de Paris. Personne ne « l’embête » à propos d’un éventuel mandat supplémentaire, pas même pour le sort qu’il réserve aujourd’hui à ses adversaires politiques, rien de tout cela. Il n’est critiqué ni par les officiels, ni même par les médias de l’hexagone, pourtant toujours prompts à mettre la Guinée sur le grill à la moindre manifestation. Tôlé n’est pas tôlé, comme on dit à Abidjan…