Energie & hydraulique

Un potentiel hydraulique et solaire inépuisable pour produire une énergie renouvelable

L’énergie est en tête des priorités de développement pour la Guinée. Le taux d’accès de la po-pulation à l’électricité a atteint 36 % en 2018 contre 18 % en 2010. Pour intensifier les réseaux et permettre à tous les Guinéens d’avoir accès à l’électricité, le pays travaille en partenariat avec ses voisins de la sous-région ainsi qu’avec les grandes institutions financières, particulièrement la Banque Africaine de Développement.

La Guinée dispose d’un atout majeur pour la production d’électricité : un réseau fluvial qui s’étend sur 6 000 km. C’est des sommets du « château d’eau de l’Afrique » que prennent leur source plusieurs grands fleuves de la région (notamment les fleuves Sénégal, Niger et Gambie). De fait, la Guinée dispose en effet d’un relief propice à la construction de barrages hydroélectriques. Avant 2010, le réseau était sous-exploité : la production d’électricité n’avait pratiquement pas évolué depuis l’indépendance du pays en 1958, alors que les besoins des populations et de l’économie s’étaient considérablement accrus.
En une décennie, le pays a multiplié par 10 la production d’électricité avec une politique forte pour le développement hydroélectrique. En 2011, L’Etat a notamment utilisé le paiement d’une amende de 700 millions de dollars dressé à l’encontre de l’exploitant minier Rio Tinto pour investir dans la production énergétique. Ce budget a permis la création du barrage de Kaléta et d’une centrale de 100 MW. La production d’électricité du site a démarré dès 2015, et dispose désormais d’une capacité de 240 MW.
La production est passée de 300 à 700 MW, ce qui s’inscrit dans la volonté du pays de devenir à moyen terme une puissance énergétique régionale. 500 000 personnes ont été raccordées au réseau électrique ainsi intensifié et 707 km de lignes électriques ont été construites. Et ce n’est que le début. La Banque Africaine de développement estime le potentiel hydroélectrique du pays à de 6 000 méga watts (19300 gigawatts/heure).
Le développement de la production d’énergie par l’hydraulique a également permis de faire baisser la consommation d’énergies fossile – donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
De nouvelles infrastructures sont en cours de finalisation : le nouveau barrage hydroélectrique de Souapiti, d’une capacité de 450 MW, doit démarrer sa production début 2020. Il représente le plus gros engagement financier de la Guinée depuis l’indépendance : 1,175 milliard de dol-lars.
D’autres projets sont en cours de déploiement pour que l’ensemble du pays soit couvert, avec le projet Amaria, qui produira 300 MW, et ceux, en cours d’études, de Koutoutamba et de Foumi. La réalisation effective de ces barrages va boucler la construction des composantes es-sentielles du complexe du Konkouré, un vieux projet qui remonte à l’époque coloniale.

Le développement des centrales solaire

Par ailleurs, pour intensifier le développement de l’électricité, le pays mise sur le développe-ment d’autres énergies renouvelables. L’énergie solaire représente ainsi un formidable axe de développement. le gouvernement guinéen a, depuis 2005, initié l’implantation, à l’échelle de tout le pays, aussi bien dans les communes urbaines que rurales, des lampadaires photovol-taïques pour assurer l’éclairage des voies de circulation et autres lieux publics.
Plusieurs projets privés se sont multipliés ces dernières années avec le soutien des pouvoirs publics. C’est le cas de Blue Solutions qui allie son savoir-faire dans le stockage d’énergie aux technologies solaires conçues par Sunpower (filiale de Total). Blue Solutions permet à une Bluezone de produire et d’utiliser en continu 24h/24 une énergie issue d’une centrale solaire, composée de 211 panneaux photovoltaïques sur une surface de 360 m2.