Histoire

Une histoire riche pour un présent ambitieux

L’histoire de la Guinée est intimement liée à sa situation géographique unique, qui en a fait une terre privilégiée d’installation et de développement des populations. Les fleuves Niger, Sénégal, et Gambie y prennent leur source. En prêtant son nom au Golfe qui borde la région, la Guinée dispose d’une large façade sur l’océan atlantique. Cette particularité géographique a favorisé le commerce et l’ouverture sur le monde du pays.

La région a tout d’abord fait partie de l’empire du Ghana, qui a connu son apogée au IXème siècle. L’empire a ensuite décliné, laissant la dynastie des Diarisso fonder le royaume de Sosso, qui régna sur la partie nord-est de la Guinée d’aujourd’hui. La dynastie régna durant un siècle avant d’être renversée. Son territoire fut conquis par le royaume du Mali, qui prospéra jusqu’à l’arrivée des premiers explorateurs européens au XVème siècle. À l’arrivée des Maliens, les Sossos émigrèrent alors vers la côte et fondèrent plusieurs royaumes : Thia, Lakata, Bramaya, ou encore le royaume de Dubréka. Celui-ci occupait les environs de l’actuelle capitale Conakry avant de s’agrandir progressivement.

Après la chute de l’empire malien, les régions de la Guinée ont été divisées entre plusieurs aires d’influence. A l’Est du pays, la ville de Kankan devint, après la chute de l’empire malien la capitale d’autres royaumes : d’abord l’empire du Baté, puis l’empire Wassoulou qui a conquis la région en 1879. Plus au nord, au Fouta-Djalon, l’empire Songhai a d’abord succédé au royaume du Mali, avant d’être séparé en plusieurs principautés au XVIème siècle. Puis, en 1725, les peuls ont fondé l’imamat du Fouta-Djalon, le premier Etat théocratique d’Afrique occidentale. Une grande mosquée est édifiée ans la ville de Timbo, et reste encore aujourd’hui un haut lieu de pèlerinage.

Cette succession d’empires et de royaumes a favorisé le brassage de nombreuses ethnies, comme les Nalous, les Bagas, les Soussous ou encore les Mandingues.

Ces royaumes ont périclité à l’arrivée des explorateurs européens divisant la sous-région guinéenne en trois parties :  la Guinée-Bissau, lusophone, la Guinée équatoriale, hispanophone et la Guinée, aussi appelée Guinée-Conakry, francophone.

La Guinée est devenue définitivement française en 1895, après plusieurs années de conflits entre la France et l’empereur Samory Touré, arrière-grand père du futur président Sékou Touré. En 1901, la France a intégré le territoire guinéen à son système d’administration coloniale, l’Afrique occidentale française (AOF), puis développe les infrastructures, notamment les ports, tout en multipliant les plantations et installant un système scolaire.

Durant les deux guerres mondiales, la Guinée a fourni une forte contribution en hommes : 54 000 Guinéens au total ont été mobilisés, dont nombreux ont participé à la réussite du débarquement en Provence, en août 44.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la Constitution de la IVème République fait de la Guinée un « territoire d’outre-mer », qui lui confère une autonomie plus importante. Avec le référendum du 28 septembre 1958, la Guinée choisit une séparation immédiate avec la France, sans intégrer la Communauté française souhaitée par le général De Gaulle. Elle devient ainsi le premier pays d’Afrique francophone à accéder à l’indépendance. La Guinée se constitue en République, Ahmed Sékou Touré en devient le président. Après une certaine proximité avec l’URSS au début de sa présidence, il se tourne vers les Etats-Unis dans les années 60, opère un rapprochement avec la France et introduit une part de libéralisme économique dans le pays. La Guinée reste cependant un régime très autoritaire jusqu’à la mort de Sékou Touré en 1984.

Le pays tente alors de se diriger vers la tenue d’élections libres mais le colonel Lansana Conté interrompt ce processus par un coup d’Etat en 1984. Il écarte alors les proches de Sékou Touré et prend la tête de la Guinée. Il développe le multipartisme et l’économie de marché, avant d’organiser des élections présidentielles en 1993 et 1998 qui lui sont toutes favorables, mais contestées et boycottées par l’opposition. Lansana Conté décède le 22 décembre 2008.

Un nouveau processus démocratique se met en place pour sortir du régime autocratique. Ce processus est suspendu par un coup d’Etat militaire, en décembre 2008, qui porte au pouvoir l’officier Moussa Dadis Camara. Une nouvelle dictature se met en place. La répression atteint son paroxysme le 28 septembre 2009. Ce jour-là, au stade national de Conakry, lors d’un rassemblement de l’opposition, 157 personnes sont tuées et plus de 100 femmes violées. Ce massacre suscite l’émoi de toute l’opinion internationale.

Le pouvoir militaire tombe avec la tentative d’assassinat de Moussa Dadis Camara par un officier en 2009. Une nouvelle transition est menée par Sekouba Konaté. Les premières élections libres de l’histoire du pays, sans aucun militaire candidat, sont organisées. Elles sont remportées par Alpha Condé, qui devient en 2010 le nouveau président de la République de Guinée.

Alpha Condé met en place une ambitieuse politique de modernisation. Le fort élan qui s’engage alors est brutalement ralenti par la crise Ebola, plus grande pandémie du 21e siècle, qui touche la Guinée, puis le Libéria et le Sierra Leone de 2013 à 2016.

Depuis la fin de l’épidémie, la Guinée affiche une croissance retrouvée, poursuivant sa transition démocratique et économique. Elle retrouve également une place dans le concert des nations, prend notamment la présidence de l’Union Africaine en 2017 et participe à plusieurs programmes de coopération internationale, en particulier avec le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.