Jean-Luc Mélenchon et la Guinée 

Jean-Luc Mélenchon a posté sur sa page Facebook, le 12 février dernier, une vidéo de soutien adressée aux guinéens manifestant contre un changement de Constitution. Ce geste de l’élu français est déplacé, malvenu et hors de propos. Déplacé d’abord, car il porte un jugement sur une affaire dont il ignore en réalité tout. De plus, un élu ne peut pas publiquement se mêler des affaires intérieures d’un autre Etat, a fortiori quand il en ignore les us et coutumes depuis toujours.

Malvenu ensuite, car la Constitution que la Guinée a adopté en mai 2010 a été marquée par les circonstances de l’époque, chaotique. Après avoir pris connaissance de ces circonstances, il serait donc normal de penser que ce texte soit provisoire et mérite d’être révisé. Une réalité admise par tous les Guinéens. Après 10 ans de paix et de redressement, cette situation a complètement évolué et la Constitution de 2010 est en complet décalage avec la situation que nous connaissons aujourd’hui.

Hors de propos enfin, car le président de la France Insoumise décrit un faux contexte : manquant sans doute de renseignements, il semble ignorer la stratégie de l’opposition guinéenne qu’il soutient, qui est pourtant toujours la même depuis 10 années. Il n’y a dans son message aucune mention des gendarmes qui sont morts au cours des manifestations alors qu’ils cherchaient à remplir leur difficile mission de maintien de l’ordre. Des morts qui résultent de la volonté de l’opposition de pousser à la violence et de recueillir les images les plus choquantes possibles. Aucun mot non plus sur les forces militaires, consignées dans leurs cantonnements, à l’opposé de l’esprit de violence diffusé par une certaine opposition. Rien sur les messages de haine propagés par ces mêmes opposants. Jean-Luc Mélenchon, qui déclarait déjà être la République, serait-il aussi devenu l’ordre international ? Tous les Guinéens savent que la Constitution est un sujet important. Il convient de les laisser s’exprimer sur ce sujet qui les concerne au plus haut point. C’est leur droit et leur responsabilité de s’en emparer sans interférences.

Sidiki Cissé

Lyon, France