La Guinée dans la presse internationale : Semaine du 29 Mai au 5 Juin 2020

LES SUJETS QUI ONT LE PLUS
RETENU NOTRE ATTENTION

POLITIQUE

5 juin

RFI

  • Constitution en Guinée: le gouvernement persiste et signe sur le texte promulgué

RFI publie une brève sur la déclaration du ministre guinéen de la Justice au sujet de la modification de la Constitution :  « Malgré le tollé soulevé au sein de l’opposition et de la société civile concernant les différences constatées entre le projet de Constitution publié en janvier et soumis au référendum le 22 mars, et le texte final, publié le 14 avril, les autorités guinéennes persistent : selon le ministre de la Justice, le texte promulgué le 14 avril dernier est le seul « applicable » en l’état.

Cela devait être un point presse et ce fut finalement une déclaration courte. Mohamed Lamine Fofana, le ministre de la Justice, affirme que la Constitution promulguée le 14 avril est la seule valable. « L’adoption du texte final par le référendum met fin et hors d’usage tous les documents qui ont été utilisés ou qui ont contribué à son élaboration. La promulgation du texte constitutionnel est intervenue par le décret du 6 avril 2020 publié au journal officiel le 14 avril 2020. C’est fort de cette légitimité constitutionnel que ce texte est applicable à tous. »

En début de semaine, l’Ordre des avocats a dénoncé « une infraction de faux en écriture publique » et demandé le retrait de ce texte. Le Barreau relève au moins 21 modifications par rapport au projet de Constitution publié en janvier, au journal officiel.  « Le seul texte qui a été soumis au peuple de Guinée, c’est bien le document publié au journal officiel en janvier, avance Me Pépé Antoine Lama, avocat au Barreau. Alors si aujourd’hui, après avoir dénoncé cette falsification, on revient nous parler d’un texte officiel qui n’a jamais été présenté à qui que ce soit, nous sommes vraiment choqués. »

L’Ordre des avocats va mettre en place une commission chargée de réfléchir aux voies de recours possibles. Parmi elles, figure la saisine de la Cour constitutionnelle. » http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200605-guin%C3%A9e-polemique-constitution-gouvernement-insiste-texte-vote

http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200605-guin%C3%A9e-polemique-constitution-gouvernement-insiste-texte-vote

4 juin

Le Point

  • Guinée : imbroglio autour du texte de la nouvelle Constitution

Le point revient sur les modifications apportées au texte constitutionnel, avec des commentaires offensifs du président du parti Géci, Fodé Mohamed Soumah : « Pour le gouvernement guinéen, « cette polémique n’a pas lieu d’être », car il n’y a pas eu selon lui de modification. Tout a commencé en début de semaine, lorsque le barreau des avocats a dénoncé des différences entre le projet de nouvelle Constitution soumis au référendum le 22 mars et le texte qui a finalement été publié au Journal officiel le 14 avril dernier.

En cause, parmi les 21 modifications apportées à la Loi fondamentale guinéenne, plusieurs attirent l’attention des juristes et de la société civile qui ont porté l’affaire devant le grand public. Il y a d’abord l’introduction des parrainages pour une élection. Concrètement, la possibilité pour des candidats indépendants de briguer des mandats électifs disparaît. C’était pourtant l’une des innovations du texte soumis au vote le 22 mars dernier. Selon la nouvelle Constitution adoptée avec plus de 95 % des voix, il faut appartenir à un parti politique et être parrainé par des électeurs pour être candidat à une élection.

Par ailleurs, le nouveau texte renforce les attributions du président, en le dotant des pouvoirs réglementaires. Il revient ainsi au chef de l’État, et non au Premier ministre, de signer des décrets sur le plan territorial.

L’ordre des avocats dénonce « une délinquance juridique » et demande le retrait du texte. « Le projet qui a été proposé au peuple, à l’annonce du Journal officiel, se trouve modifié ou falsifié. Nous demandons que cette Constitution qui est falsifiée soit retirée. Que ce que le peuple a voté soit là pour le peuple, au nom du peuple », disent-ils.

Loin de l’opposition radicale, Fodé Mohamed Soumah, président du parti GECI (Génération citoyenne) et vice-président de l’Assemblée nationale, n’a pas boycotté le scrutin du 22 mars. « Je n’étais pas pour une nouvelle Constitution, plutôt pour une révolution. Mais du moment que les Guinéens ont voté pour une nouvelle Constitution, comment pourrais-je, en tant que Guinéen, la récuser ? Non. Je ne me reconnais pas là-dedans. Du moment que la majorité a acté, je suis obligé de m’aligner… » a-t-il longuement confié dans un entretien à Guineenews.

Concernant ce nouvel imbroglio juridique, l’homme a comparé les deux textes et fait sa propre analyse. Il explique : « Nous constatons qu’une Constitution a été soumise au référendum. En tout cas, je parle du document officiel, portant le sceau du ministre de la Justice. J’ai pris ce document… je l’ai comparé à celui qui a été promulgué. Je puis vous dire qu’à partir de la 5e page, jusqu’à la fin, sur chaque page, il y a un problème. Il y a des articles qui ont été totalement dénaturés. D’autres dont le sens a été changé. D’autres qui deviennent même incompréhensibles. D’autres encore avec des fautes d’orthographe… »

Conclusion : « … il n’est pas question que le ministre de la Justice nous fasse gober ce qu’il a dit. C’est-à-dire que la Constitution qui a été promulguée est de rigueur. Non. C’est celle qui a été par le peuple qui doit être de rigueur. Et nous entendons poursuivre notre travail d’opposant pour que ces rectifications soient faites, afin que la Constitution qui a été votée soit la copie conforme de celle qui doit être promulguée. » Il a déjà appelé les autres franges de l’opposition à le rejoindre dans ce combat. Les opposants ne seront pas seuls, l’Ordre des avocats va mettre en place une commission spécialement chargée d’étudier les voies de recours afin de faire retirer le texte publié au Journal officiel.

En face, pour le RPG, le parti au pouvoir, le ministre de l’Hydraulique, Papa Koly Kourouma, a affirmé qu’aucune version finale n’a été soumise au peuple, car le texte était en perpétuelle modification, avant et après son adoption.

La Guinée est-elle pour autant face à un vide juridique ? Pas forcément, analyse pour le site Africaguinée un constitutionnaliste guinéen. Selon lui, « le premier vice qu’il y a eu dans cette situation est qu’une mouture de la Constitution a été publiée au Journal officiel avant même son adoption ». https://www.lepoint.fr/afrique/guinee-imbroglio-autour-du-texte-de-la-nouvelle-constitution-04-06-2020-2378494_3826.php

https://www.lepoint.fr/afrique/guinee-imbroglio-autour-du-texte-de-la-nouvelle-constitution-04-06-2020-2378494_3826.php

RFI

  • Guinée: la polémique sur le texte modifié de la Constitution divise la classe politique

RFI recueille des réactions des membres de l’opposition et de la majorité présidentielle au sujet de la modification du texte constitutionnel : « En début de semaine, l’Ordre des avocats a dénoncé des différences entre le projet de nouvelle Constitution soumis au référendum le 22 mars et le texte qui a finalement été publié au journal officiel le 14 avril dernier. L’opposition, qui avait boycotté le scrutin du 22 mars, dénonce une « falsification » de la Loi fondamentale, tandis que le parti du président, le RPG, minimise cette polémique.

Dans l’opposition, ce texte est largement critiqué. Pour Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG, cette situation est « une illustration éloquente du mépris de l’Etat de droit ». En cause par ailleurs, l’introduction du parrainage des candidatures pour une élection. « Il y a clairement la volonté de tout ramener au niveau d’une seule personne, estime Mohamed Tall, directeur de cabinet de Sidya Touré. Il est évident que c’est une manière de laisser la possibilité au président de choisir ses candidats. Etant entendu qu’au niveau de l’Assemblée ou même au niveau des collectivités, Il a pris le soin de tout mettre à sa solde. »

Au sein de la majorité présidentielle, ces critiques suscitent l’étonnement. Pour Souleymane Keïta, député du RPG, aucun changement n’a été apporté au texte. « Il y a un avant-projet qui a été vulgarisé, je dirais, au niveau national et la Constitution publiée dans le journal officiel est effectivement la mouture finale qui a été transmise par la Cour constitutionnelle et sur laquelle le peuple a voté le 22 mars. Alors qu’on parle de falsification, je suis étonné. »

L’Ordre des avocats, qui dénonce « une délinquance juridique », entend mettre en place une commission spécialement chargée d’étudier les voies de recours afin de faire retirer le texte publié au journal officiel. » http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200604-guin%C3%A9e-polemique-difference-texte-constitution-classe-politique

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3 juin

RFI

  • Constitution en Guinée: polémique sur des différences entre le texte voté et celui publié

La nouvelle polémique sur la Constitution guinéenne vue par RFI, avec une approche factuelle sur le nombre de modifications du texte : « Plusieurs organisations de la société civile dénoncent un hiatus entre le texte approuvé par les Guinéens lors du référendum du 22 mars dernier et le texte qui a été publié au Journal officiel le 14 avril 2020. A la tête de cette fronde, figure le Barreau des Avocats qui dénonce « une délinquance juridique » et demande le retrait de la Loi fondamentale.

Au total, 21 modifications ont été apportées. Deux changements retiennent l’attention de plusieurs juristes. D’abord la possibilité pour des candidats indépendants de briguer des mandats électifs disparaît. C’était une innovation du texte soumis à référendum le 22 mars. Selon la nouvelle Constitution, il faut appartenir à un parti politique et être parrainé par des électeurs pour être candidat à une élection.

Par ailleurs, le nouveau texte renforce les attributions du président, en le dotant des pouvoirs réglementaires. Il revient ainsi au chef de l’Etat, et non au Premier ministre, de signer des décrets sur le plan territorial. « C’est un régime présidentialiste », s’alarme un expert, qui s’étonne de voir de telles différences entre le texte approuvé par les Guinéens et la Loi fondamentale, telle qu’affichée au Journal officiel.

L’ordre des Avocats dénonce « une infraction de faux en écriture publique » et demande le retrait du texte. Sollicité par RFI, le ministre de la Justice n’a pour le moment pas souhaité communiquer. Le ministre de l’Hydraulique, Papa Koly, a ce week-end relativisé cette situation : selon ce responsable du RPG, aucune version finale n’a été soumise au peuple, car le texte était en perpétuelle modification, avant et après son adoption. » http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200603-guinee-constitution-texte-different-vote-journal-officiel

http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200603-guinee-constitution-texte-different-vote-journal-officiel

RFI

  • La Revue de Presse Africaine

RFI analyse les réactions de la presse africaine à la polémique qui émerge autour de la Constitution : « Kaloum Presse publie le communiqué du barreau de Guinée où les avocats dénoncent « une altération frauduleuse » du projet, dénonçant notamment la suppression de la possibilité de candidatures indépendantes des partis politiques existants, ce qui n’était pas prévu par le texte soumis au referendum du 22 mars dernier.

Le Djely relaie de son côté l’indignation de l’opposition : le Front national de la défense de la Constitution dénonce une réécriture allant à l’encontre du « Protocole additionnel de la CEDEAO sur la Gouvernance et la démocratie révisé en 2012 »

« Falsifications », « tripatouillage », les critiques fleurissent dans les journaux guinéens. L’hebdomadaire satirique Le Lynx s’amuse de la situation : « ils ne sont pas satisfaits du texte qu’eux-mêmes ont concocté. Ils ont alors procédé à des retouches pour rendre la Constitution encore plus adaptable à leur volonté. »

Résultat, un Alpha Condé « gêné aux entournures » estime Aujourd’hui au Faso. Cette « faute lourde » met en lumière, selon le journal burkinabè, les motivations « floues » du président guinéen : « tout en se donnant toutes les chances de grappiller un 3ème mandat, Alpha Condé fait mine de n’en rien vouloir », estime le quotidien.

« On n’est pas sortis de l’auberge », juge de son côté Guinée News, qui revient sur l’interview accordée par le président guinéen à Jeune Afrique. Un entretien dans lequel il accuse l’opposition d’avoir voulu renverser le pouvoir lors du référendum. Des accusations « graves » selon le site d’informations, « qui ne sauraient tout de même justifier toutes ces morts enregistrées le 22 mars. Dans ce discours artificieux, les observateurs sont au regret de constater, que nulle part il n’y a de compassion à l’endroit des victimes de ces violences électorales ».

2 juin

Deutsche Welle (Allemagne)

  • Guinée : une coalition pour soutenir le troisième mandat d’Alpha Condé

La Deutsche Welle publie un article sur le stratégie présidentielle de maintien au pouvoir : « La création de cette coalition baptisée « Coalition démocratique pour le changement dans la continuité » a été actée le samedi 30 mai par les partis qui ont soutenu le référendum controversé du président guinéen.

Il s’agit ni plus ni moins que du changement du nom de la coalition démocratique pour une nouvelle constitution lancée il y a quelques mois. Une coalition dont font partie plusieurs ministres notamment. L’ancienne ministre Domani Doré en fait partie. Selon elle, « cette structure servira de cadre de concertation et d’action qui nous permettra qui nous permettait de promouvoir l’unité nationale la paix et la culture démocratique dans la conquête du pouvoir. La coalition démocratique vise à assurer la continuité politique la poursuite de la dynamique du changement engagé par la gouvernance du président Alpha Condé« .

En dépit de la création de cette coalition, le président Alpha Condé entretient toujours le flou sur un éventuel troisième mandat. Alpha Condé n’y a pas fermé la porte dans des interviews récentes, mais n’a pas non plus confirmé. Interrogé par nos confrères de l’hebdomadaire Jeune Afrique, au sujet de son éventuelle candidature pour un troisième mandat, le président guinéen a déclaré que c’est le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) et la mouvance qui le soutient qui décidera le moment venu de cette opportunité.

La création de cette nouvelle coalition a fait réagir l’opposition. Faya Milimono, président du parti bloc libéral, et ancien candidat à la présidentielle de 2015 prend à témoin l’opinion nationale et internationale et parle de « dérive politique en Guinée« . Il demande même aux populations de se préparer pour des manifestations de rues.

« Aujourd’hui nous voyons que Alpha Condé et son entourage sont en train de jouer à la politique dans la lutte contre cette pandémie. Il faudrait qu’à un moment donné que nous reprenions les rues pour nous faire entendre. Ils sont en train clairement d’envoyer notre pays dans une situation incontrôlable« , soutient l’opposant.

Après la création de cette coalition proche du pouvoir, la présidence et l’opposition se lancent  des flèches et par média interposés » https://www.dw.com/fr/guin%C3%A9e-une-coalition-pour-soutenir-le-troisi%C3%A8me-mandat-dalpha-cond%C3%A9/a-53655060

https://www.dw.com/fr/guin%C3%A9e-une-coalition-pour-soutenir-le-troisi%C3%A8me-mandat-dalpha-cond%C3%A9/a-53655060

Notimerica (Amérique Latine)

  • Guinea – Polémica en Guinea por las diferencias entre el texto constitucional aprobado en referéndum y el publicado

Notimerica analyse les raisons des réactions contre le nouveau texte constitutionnel : « Guinea – Polémica en Guinea por las diferencias entre el texto constitucional aprobado en referéndum y el publicado.

Guinea se ha visto sumido durante los últimos días en una nueva polémica política a causa de las diferencias existentes entre el texto constitucional aprobado en el polémico referéndum del 22 de marzo y el publicado en la Gaceta Oficial, que ha provocado críticas por parte de juristas y organizaciones de la sociedad civil. El Colegio de Abogados de Guinea ha denunciado « delincuencia jurídica » a raíz de las modificaciones, que superarían la veintena.” https://www.notimerica.com/politica/noticia-guinea-polemica-guinea-diferencias-texto-constitucional-aprobado-referendum-publicado-20200603221926.html

https://www.notimerica.com/politica/noticia-guinea-polemica-guinea-diferencias-texto-constitucional-aprobado-referendum-publicado-20200603221926.html

Le Courrier (Suisse)

  • Les droits de l’homme bafoués à l’ère du coronavirus

Le Courrier commente les dernières mesures prises par la Guinée pour lutter contre la pandémie : « La Guinée du président Alpha Condé se distingue par sa répression constante de l’opposition4, dénoncée notamment par Human Rights Watch (HRW). Au Cameroun (5904 cas confirmés au 1er juin, 191 décès), le président, Paul Biya, aux abonnés absents, a fait deux brèves apparitions sans porter de masque en avril et en mai pour faire taire les rumeurs sur son état de santé, mais ne s’est jamais adressé à la nation. HRW dénonce des règlements de comptes politiques durant la crise Covid-19 dans le pays, avec des autorités qui refusent les initiatives lancées par des opposants pour combattre le virus, et les arrêtent pour «rébellion» lorsqu’ils distribuent du gel hydro-alcoolique dans la rue.

«L’adhésion populaire aux mesures de prévention n’est pas très forte», note de son côté le sociologue de la santé Parfait Akana, fondateur du Muntu Institute et de la plateforme en ligne Covid-19-Cameroun. «Les contraintes ont été assouplies le 1er mai, et on a eu le sentiment d’un relâchement avec des scènes de liesse dans les bars, qui ont rouvert», témoigne le chercheur. » https://lecourrier.ch/2020/06/02/les-droits-de-lhomme-bafoues-a-lere-du-coronavirus/

https://lecourrier.ch/2020/06/02/les-droits-de-lhomme-bafoues-a-lere-du-coronavirus/

France Info

  • La Guinée veut en finir avec la maltraitance des femmes lors de leur accouchement

France Info publie un article sur la gestion de l’enjeu de la maltraitance des femmes en Guinée : « Une étude publiée fin 2019 dans la revue scientifique britannique The Lancet a mis en évidence la pratique de mauvais traitements lors d’accouchements. Quatre pays sont concernés dont la Guinée qui vient d’annoncer un plan d’action pour améliorer la prise en charge des femmes enceintes.

Pressions violentes sur l’abdomen, gifles, examens sans consentement, insultes, humiliations… L’étude menée par l’OMS dans quatre pays (Birmanie, Ghana, Nigeria et Guinée) a révélé que plus d’une femme sur trois a été maltraitée pendant son accouchement. Des résultats qui n’ont fait que confirmer des faits devenus presque ordinaires dans certains établissements de santé. De nombreuses femmes en avaient timidement parlé sans que rien ne change.

« Lorsque nous avons compris l’ampleur du problème, notre équipe a été motivée pour formuler des recommandations pratiques » – Dr Mamadou Diouldé Baldé, coordinateur de la Cellule de recherche en santé de la reproduction en Guinée

Selon l’étude de l’OMS, ce sont surtout les plus jeunes et les moins instruites qui vivent les pires expériences. En Guinée, où le mariage précoce est très répandu, près d’une fille sur deux tombe enceinte avant 18 ans et se retrouve ainsi confrontée à ce problème. Les adolescentes sont très souvent mal préparées à l’accouchement, ne comprennent pas ce qui leur arrive et se font gronder par un personnel non qualifié. La plupart des femmes interrogées dans cette étude racontent aussi qu’elles n’ont pas eu droit à un traitement pour soulager la douleur.

« Toutes les femmes ont droit à des soins de santé dignes et respectueux tout au long de la grossesse et de l’accouchement, sans violence, ni discrimination » selon Dr Bernadette Dramou, administratrice nationale de l’OMS. Face à ce constat, des scientifiques guinéens ont mis en place une série de recommandations pour améliorer la prise en charge lors de l’accouchement.

Le plan d’action élaboré avec la participation des infirmières et des sages-femmes prévoit notamment une formation aux soins maternels et surtout une meilleure écoute des femmes qui pourront désormais être accompagnées par une personne de leur choix avant et pendant l’accouchement. Cette prise de conscience constitue un premier pas indispensable pour améliorer les soins maternels et mettre en avant les droits des femmes. » https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/guinee/la-guinee-veut-en-finir-avec-la-maltraitance-des-femmes-lors-de-leur-accouchement_3985253.html

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/guinee/la-guinee-veut-en-finir-avec-la-maltraitance-des-femmes-lors-de-leur-accouchement_3985253.html

29 mai

FromPress (Etats-Unis)

  • Guinea: authorities recognize the deaths of 30 people

Le site américain FromPress a repris plusieurs declarations de members du FNDC après l’annonce gouvernementale au sujet des violences post-électorales : « Guinean authorities have admitted for the first time that violence coinciding with a disputed referendum had killed 30 people in the south in late March, and blamed the opposition for denouncing a maneuver. The public prosecutor’s office of Kankan provided Tuesday the most detailed version to date of the events which occurred in Nzérékoré around March 22 and of a constitutional referendum organized by the capacity but boycotted by the opposition.

Nzérékoré, one of the largest cities in the neighboring country of Liberia, was the scene on March 22 and the following days of clashes between religious and ethnic communities and of attacks and reprisals against churches and mosques, according to local sources.

These events gave rise to totally divergent versions, like all the violence which plagues this poor little man since mid-October 2019 around the project lent to President Alpha Condé to run for a third term in late 2020.

The National Front for the Defense of the Constitution (FNDC), a collective of parties, unions and members of civil society which is leading the anti-Condé protest, reported at least 66 people killed in Nzérékoré with machete, rifle and even in flames, and 119 across the country. He accused the presidential party of these abuses.

The authorities have so far downplayed the extent of the violence in the country and publicly spoke of a reduced number of victims.

« Thirty of our fellow citizens lost their lives during these unfortunate events » by Nzérékoré, he said in remarks broadcast by public television. Sixty-seven were injured, dozens of homes, shops and workshops were set on fire, and three churches destroyed, he added.

It was the local FNDC officials who planned the violence and fueled tensions between communities, providing the pretext for the intervention of armed groups paid for by the collective and who came from Liberia for some, from the capital Conakry for others, he said.

Authorities have imprisoned 44 suspects who have been prosecuted for murder, arson or a criminal association, he said. The justice system is working to ensure that the trial « takes place as quickly as possible, » he said.

Ibrahima Diallo, an FNDC official, denounced on Wednesday a company aiming to « place the blame for the killings » on the collective. « How to understand that the arrests took place on one side; on the other, no one was worried. It is a total injustice, » he told AFP.

The anti-Condé mobilization, severely repressed on several occasions, left dozens dead, attributed by the opposition to the security forces. Human rights defenders constantly denounce the impunity they enjoy. The FNDC alerted the International Criminal Court.” https://pressfrom.info/us/news/world/-450059-guinea-authorities-recognize-the-deaths-of-30-people.html

https://pressfrom.info/us/news/world/-450059-guinea-authorities-recognize-the-deaths-of-30-people.html

ECONOMIE ET SOCIAL

5 juin

MertetMarine

  • La Guinée Conakry pourrait devenir le premier fournisseur chinois en minerai de fer

Une brève du site Mertetmarine sur l’annonce de l’accord entre le gouvernement guinéen et Singapore’s Shipping : « Au début du mois de juin, la Guinea Shipping Corporation a été réactivée après dix ans de sommeil. Avec cet armement et les réserves de minerais de fer à sortir de Simandou, la Guinée pourrait exporter jusqu’à 14,5% de la capacité mondiale de minerais en 2026.

La Guinée Conakry dispose de réserves minérales importantes. Elle fait partie des premiers pays exportateurs de bauxite depuis des années. La découverte il y a quelques années de réserves de minerais de fer à Simandou lui ouvre de nouveaux horizons sur le marché international. » https://www.meretmarine.com/fr/content/la-guinee-conakry-pourrait-devenir-le-premier-fournisseur-chinois-en-minerai-de-fer

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4 juin

Reuters (Royaume-Uni)

  • Guinea approves SMB-Winning deal for Simandou iron mine project

Reuters, relayée par le site SteelGuru (Inde) développe les raisons de l’accord commercial entre le gouvenrnement guinéen et l’entreprise Singapore’s winning Shping pour le développement du port de Boké: “Guinea’s government approved on Thursday a basic agreement for the development of its giant Simandou iron ore project by a consortium representing Chinese, French and Singaporean interests, the mines minister told Reuters. The consortium – which includes Société Minière de Boké (SMB) and Singapore’s Winning Shipping as well as Guinean government interests – won a $14 billion tender last November to develop blocks 1 and 2 of the largest known deposit of its kind, holding more than 2 billion tonnes of high-grade ore.

On Tuesday, its development agreement “was approved. We will proceed to sign it in the coming days,” Mines Minister Abdoulaye Magassouba said without giving further details.

The West African nation has sought to develop the Simandou deposit for decades, but the project was mired in protracted legal disputes and high costs curbed interest.

The government required bidders to build a 650 km (400 mile) railway and deepwater port to transport the ore from the remote southeastern corner of Guinea to the coast for export.

Investors in the relatively little-known consortium include Chinese aluminium producer Shandong Weiqiao [SDWQP.UL], a unit of China Hongqiao and Yantai Port Group [YTMPGA.UL], as well as Guinea’s government.” https://www.reuters.com/article/us-guinea-simandou/guinea-approves-smb-winning-deal-for-simandou-iron-mine-project-idUSKBN23B2XI

https://steelguru.com/mining/guinea-approves-smb-deal-for-simandou-iron-ore-mine-project/560021

https://www.reuters.com/article/us-guinea-simandou/guinea-approves-smb-winning-deal-for-simandou-iron-mine-project-idUSKBN23B2XI
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2 juin

Agence Ecofin (Suisse)

  • Guinée : la société Kunfabo signe un accord avec MTN pour la distribution locale de ses smartphones

L’Agence Ecofin relaye une annonce concernant le fabricant guinéen de smartphone Kunfabo, fondé par Fadima Diawara : « Kunfabo, le fabricant guinéen de smartphones low cost, a décidé de commercialiser ses appareils mobiles. La société a signé à cet effet un contrat de dépôt-vente avec l’opérateur de téléphonie mobile MTN. Une stratégie qui lui assure de la crédibilité et de la visibilité.

La société Kunfabo de la jeune Guinéenne Fadima Diawara (photo) a décidé de mettre sur le marché ses smartphones à petits prix. Elle a signé à cet effet un accord de distribution avec MTN Guinée.

L’aventure commencera avec le téléphone Kunfabo F99 qui a fait l’objet de tests méticuleux au cours des derniers mois avant d’être validé par la filiale guinéenne du groupe télécoms sud-africain, rapporte le site d’informations leconomie.cm.

Les smartphones Kunfabo, Fadima Diawara a prévu qu’ils seront munis d’un système d’exploitation Android 8.1, d’une connectivité 4G et d’un écran 5,72 pouces. Ils devraient être dotés d’applications africaines, notamment de réseaux sociaux, de géolocalisation, de cuisine, etc.

Kunfabo qui souhaite concurrencer les géants du low cost comme Tecno voudrait dégager au moins 300 000 euros de bénéfice lors de la première année de vente de ses produits. La société qui rêve grand voudrait également se détacher de la dépendance chinoise dans la fabrication et implanter sa propre usine d’assemblage en Guinée pour conquérir l’Afrique. » https://www.agenceecofin.com/marketing/0206-77155-guinee-la-societe-kunfabo-signe-un-accord-avec-mtn-pour-la-distribution-locale-de-ses-smartphones

https://www.agenceecofin.com/marketing/0206-77155-guinee-la-societe-kunfabo-signe-un-accord-avec-mtn-pour-la-distribution-locale-de-ses-smartphones

SocialNetlink (Sénégal)

  • Guinée : Kunfabo devient partenaire de MTN pour écouler ses smartphones

SocialNetLink, média en ligne porté sur l’actualité économique et entrepreneuriale, interviewe Fadima Diawara, fondatrice et présidente de la société guinéenne Kunfabo : « Kunfabo poursuit sur une lancée que la pandémie COVID-19 n’a pas enrayé. MTN Guinée vient de signer un partenariat avec Kunfabo pour permettre à l’entreprise de Fadima Diawara de proposer à la vente son smartphone dans leur boutique. «Les gens voulaient une boutique officielle ‘Kunfabo’!» estimait déjà Fadima Diawara – conceptrice des smartphones Kunfabo.

Il faut dire que cette entrepreneure, dont l’ascension a été fulgurante, ne manque pas d’ambitions. «Le récit de la jeune guinéenne conceptrice de smartphones qui s’attaque à ce marché a plu et l’engouement est monté rapidement», a-t-elle indiqué. Preuve de cet engouement : d’autres entreprises n’hésitent pas à rejoindre Kunfabo dans la danse comme Bonagui Guinée qui a décidé d’équiper son personnel de smartphones Kunfabo pour fluidifier les communications entre le personnel. Ces récents soutiens ne sont que les deux derniers d’une longue liste.

Fadima Diawara avait déjà réussi à s’attirer de la Société Générale. «Ils m’ont prêté 200 000 euros. En contrepartie, ils participent à la vente de mes smartphones qui intègrent directement les applications de la banque», indique-t-elle. Cela favorise l’émergence du mobile banking, évitant ainsi aux personnes de se déplacer dans les agences. Cela limite donc le risque de propagation du virus. Ainsi, 3 000 modèles sont sortis d’usine: une production qu’elle souhaite augmenter afin de fournir ses futures boutiques partenaires.

« Durant le confinement, j’ai perfectionné le modèle pour le rendre encore plus attirant et en vendre en plus grand nombre ; les portables se vendent bien, souvent à crédit pour 100 euros qu’il paie parfois en six fois», explique-t-elle. Hormis en Guinée, plusieurs autres partenariats pourraient voir le jour dans la sous-région. A terme, Fadima Diawara espère construire une boutique dans chaque pays où la marque est implantée.

Si Fadima Diawara porte cette ambition, son coût n’en est pas moindre. «Nous avons besoin de lever 800 000 euros pour poursuivre notre croissance», chiffre-t-elle. Un objectif réaliste compte-tenu des premiers résultats positifs. «A l’issue de notre première année d’activité, notre chiffre d’affaires devrait avoisiner le seuil des 70 000 euros. Nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 70 000 euros », dit-elle. Puis elle poursuit: «Nous espérons multiplier par quatre ce chiffre d’ici l’an prochain grâce à la multiplication du nombre d’applications pré-installées sur notre téléphone susceptible d’attirer les potentiels clients vers notre téléphone», détaille cette jeune entrepreneure guinéenne.

Quid du profil des investisseurs ? «Tous les profils sont les bienvenues. Si c’est un business angels ou un fonds d’investissements, ce serait intéressant qu’il soit porté aussi par notre intérêt à créer un véritable impact social pour la co-émergence de nos pays», explique Fadima Diawara. Nul doute qu’avec cette vision, elle va attirer encore un grand nombre de regards sur Kunfabo pour le plus grand bonheur de ses clients. »

1er juin

Financial Afrik (Panafricain)

  • Guinée : le Conseil d’Administration de la Banque Mondiale approuve un financement de 70 millions de dollars pour l’ANIES

Financial Afrik recueille les réactions du gouvernement guinéen après l’annonce de la BAD sur le prêt accordé à l’agence guinéenne ANIES :  «Le Conseil d’administration de la Banque Mondiale, réuni vendredi 29 mai 2020, a accordé sous forme de don, une enveloppe de 70 millions de dollars US à l’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Sociale (ANIES) de la Guinée. Ce montant va permettre à l’ANIES d’amplifier ses multiples actions dans le cadre de la lutte contre l’extrême pauvreté, en particulier dans le contexte de la crise sanitaire liée au coronavirus, en vue d’amortir les conséquences de la pandémie sur les plus vulnérables.

« C’est une très bonne nouvelle, qui vient confirmer l’engagement de la Banque Mondiale à accompagner la Guinée dans le déploiement de cette politique innovante », a réagi le Premier Ministre Ibrahima Kassory Fofana à l’annonce de la nouvelle.

Le Chef du Gouvernement de rappeler : « Au nom du Président de la République Alpha Condé, j’avais déclaré, dans mon Discours de politique générale, il y a deux ans, que le partage de la prospérité sera la clé de voûte de la politique économique de mon Gouvernement. L’ANIES est la matérialisation de cet engagement et l’apport de la Banque Mondiale est une étape importante. Nous poursuivons nos efforts et disons au peuple de Guinée qu’il peut compter sur la politique sociale du Président Alpha Condé. La prospérité économique doit être effectivement partagée. »

Dans le cadre de la riposte au COVID-19, 25 millions de ces fonds seront affectés aux transferts monétaires que l’ANIES lance à la fin de ce mois de juin au bénéfice de 240 000 ménages vulnérables, soit 1,6 million de Guinéens. Chaque ménage recevra 25 dollars par mois. Le reste de l’enveloppe, soit 45 millions de dollars, permettra à l’ANIES de déployer ses politiques d’inclusion économique, sociale et financière pour la période 2021-2024.

Dans le contexte actuel de crise sanitaire, l’ANIES accorde la priorité à l’atténuation des conséquences économique et sociale de la pandémie sur les plus démunies. A cet effet au titre de cette année 2020 l’ANIES a mis en place un plan d’actions qui se décline en trois phases et s’étend sur 9 mois (avril à décembre).

Á propos de l’ANIES : L’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Sociale (ANIES) a été créée en janvier 2019. Une première du genre en Afrique pour répondre aux nombreux défis de l’inclusion économique, sociale et financière. Elle contribuera fortement à la réduction de la pauvreté et constitue un vecteur puissant de redistribution des fruits de la prospérité économique.» https://www.financialafrik.com/2020/06/01/guinee-le-conseil-dadministration-de-la-banque-mondiale-approuve-un-financement-de-70-millions-de-dollars-pour-lanies/

https://www.financialafrik.com/2020/06/01/guinee-le-conseil-dadministration-de-la-banque-mondiale-approuve-un-financement-de-70-millions-de-dollars-pour-lanies/

DANS LES MEDIAS AFRICAINS

4 juin

Jeune Afrique (Panafricain)

  • Guinée : polémique autour du texte modifié de la Constitution

A la lecture de l’article de Jeune Afrique, la situation est floue sur la nature du nouveau texte constitutionnel et sur la marge de manœuvre juridique : « La polémique bat son plein en Guinée depuis qu’en début de semaine le Barreau guinéen s’est fendu d’un communiqué critiquant la version du texte de la nouvelle Constitution publiée au Journal officiel. Les avocats, bientôt rejoints par des membres de l’opposition, ont relevé que le texte est différent de celui qui avait été soumis aux électeurs et adopté à 91,59 %, lors du référendum du 22 mars.

Évoquant une « altération frauduleuse » du texte, qui aurait à les en croire été « vidé de sa substance », les avocats soulignent que pas moins de 21 articles ont été « substantiellement modifiés ou substitués ». Pour eux, la « volonté du peuple » s’en trouve par conséquent « travestie ». « La Constitution est la base juridique de l’État, le contrat qui lie les gouvernants et les gouvernés. Le texte [promulgué] est un texte falsifié qui ne correspond en rien à un contrat d’adhésion », précise à Jeune Afrique le bâtonnier du barreau Djibril Kouyaté.

Parmi les modifications considérées comme « les plus problématiques » par le Barreau guinéen, celle qui touche aux candidats indépendants, initialement consacrée par l’article 42. Dans sa version publiée au Journal officiel, la Constitution prévoit que tout candidat à la présidence de la République doit « justifier le parrainage des électeurs déterminé par le code électoral » et précise qu’ « aucune candidature n’est recevable si elle n’est présentée par un parti politique légalement constitué ou par une coalition de partis politiques ». Autant de dispositions absentes du texte dans sa version antérieure.

De même, l’article 64, qui fixait les prérogatives de la Cour des comptes pour le contrôle des déclarations de biens des membres du gouvernement, a été amendé. Cette responsabilité est confiée à la Cour constitutionnelle. « La Cour constitutionnelle a pour compétence de gérer les contentieux relatifs à la Constitution. Pourquoi confier cette tâche à cette institution, alors qu’un autre organe [la Cour des comptes] était déjà prévu ? Cela signifie qu’on ne prend pas au sérieux la déclaration des biens des membres du gouvernement », déplore Djibril Kouyaté.

Les deux principaux partis d’opposition guinéens, l’Union des forces démocratique de Guinée (UFDG) et l’Union des forces républicaines (UFR), qui avaient boycotté le double scrutin controversé, ont emboîté le pas aux avocats, dénonçant une « fraude à la Constitution ». « Le problème n’est pas de savoir si c’est ce qui a été modifié est bon ou mauvais : c’est une question de principe. C’est le texte qui a été présenté au peuple qui doit être promulgué », estime l’avocat et membre de l’UFDG Amadou Diallo. « Aucune règle n’a été respectée. Pourtant, le gouvernement avait tout le temps pour faire rectifier ce texte si besoin et reprendre la procédure telle qu’elle est décrite dans la Constitution », regrette l’opposant.

Mais aux avocats, qui plaident pour que la Cour constitutionnelle s’auto-saisisse, Amadou Diallo rétorque qu’elle n’en a pas le pouvoir. « ll n’y a pas de base légale pour saisir la Cour constitutionnelle sur cette question inédite. Elle ne peut se prononcer valablement que sur la Constitution en vigueur au moment de sa saisine, en décembre, et sur le projet de texte sur lequel elle a émis un avis consultatif. »

Face à la polémique qui enfle, le ministre guinéen de la Justice, Mamadou Lamine Fofana, a convoqué la presse, ce jeudi 4 juin, pour une conférence de presse sur le « débat en cours relatif à la Constitution du 22 mars ». « Il y a lieu de rappeler que le texte en question a fait l’objet de plusieurs consultations et autant d’amendements pour prendre en compte toutes les préoccupations de l’ensemble des Guinéens », a insisté le ministre, dans une courte déclaration qu’il a lu devant les journalistes. « C’est suite à tout cela qu’après avis de la Cour constitutionnelle, le projet a été soumis au référendum, et adopté ».

Surtout, le ministre insiste : « L’adoption du texte final par le référendum met hors d’usage tous les documents qui ont contribué à son élaboration ». Le texte, promulgué par un décret du 6 avril et publié au Journal officiel le 14, « est applicable et opposable à tous », a-t-il encore martelé.

« La « bonne » Constitution est bien celle qui a été promulguée par le président de la République », assure à Jeune Afrique le ministre de l’Hydraulique, Papa Koly Kourouma, évoquant lui aussi des différences dues « au processus d’élaboration de toute Constitution ». « La rédaction de la première mouture est discutée, adoptée en Conseil des ministres. Ce qu’on publie est sujet à des modifications, aux contributions des uns et des autres, qui doivent pouvoir amender [le texte]. C’est à l’issue de ce processus que l’on parvient à une mouture finale, et que le peuple peut voter », expose Papa Koly Kourouma. Il assure par ailleurs que le texte publié le 14 avril est le même que celui qui était « affiché au niveau des bureaux de vote », le 22 mars. « Je pense qu’il n’y a même pas de débat : cette polémique est plus politique que constitutionnelle. » https://www.jeuneafrique.com/993371/politique/guinee-polemique-autour-du-texte-modifie-de-la-constitution/

https://www.jeuneafrique.com/993371/politique/guinee-polemique-autour-du-texte-modifie-de-la-constitution/

K24tv (Kenya)

  • Guinea Govt. publishes ‘different Constitution’ to one approved in referendum

La nouvelle Constitution permettra, rappelle K24tv, au président Alpha Condé de se présenter à un troisième mandat, “ Lawyers in Guinea are accusing the government of publishing a different constitution to the one that was approved in the 22 March referendum.

The Guinea Bar Association cited extensive modifications to the original draft. It said many paragraphs had been substantially changed or replaced.

Opposition leader Cellou Dalein Diallo is quoted by RFI as saying that the move was in contempt of the law. President Alpha Condé’s party have said no changes were made to the constitution. The country’s minister for justice has called a press conference following the allegations.

One of the changes approved would allow Mr Condé to seek a third term in office. »

3 juin

La Revue de l’Afrique (Panafricain)

  • Guinée Conakry : la constitution a-t-elle été falsifiée par le pouvoir ?

La Revue de l’Afrique s’inquiète d’une fragilisation de l’Etat de Droit en Guinée : « Selon le Conseil de l’ordre des avocats de Guinée, la constitution promulguée par Alpha Condé est différente du projet soumis à référendum en mars dernier. Vendredi dernier, le Conseil de l’ordre des avocats de Guinée s’est réuni pour « examiner la situation de l’altération frauduleuse du projet de constitution » qui avait été soumis aux électeurs guinéens en mars dernier. Ce référendum avait scandalisé l’opinion publique, alors que la Guinée était, comme le reste du monde, confrontée au coronavirus. Dans son communiqué, le bâtonnier Djibril Kouyaté rappelle que, « depuis plus d’un an, des partis politiques et des organisations de la société civile se sont investis pour empêcher la tenue du referendum en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution ». Mais, continue le Conseil, « malgré la multiplication des manifestations de rues réprimées dans le sang, le gouvernement a maintenu sa ferme volonté de doter le pays d’une nouvelle Constitution ». Un épisode qui a engendré de nombreuses violences et des arrestations, ainsi que des décès.

Mais le Conseil de l’ordre des avocats de Guinée fustige surtout le texte, ce « projet de constitution soigneusement cacheté et paraphé » par le ministre de la Justice. Après le référendum, Alpha Condé a promulgué la nouvelle constitution. Sauf que le texte publié ne correspondrait pas au projet soumis au vote. « De 157 articles le projet de constitution s’est retrouvé amputé d’un article après la publication au journal officiel de la République », explique le bâtonnier qui indique notamment que « les falsificateurs du texte suprême de la République ont substitué l’Association des magistrats de Guinée par le Conseil supérieur de la magistrature dans le cadre de la désignation des deux magistrats qui doivent siéger à la Cour constitutionnelle ». Un exemple parmi tant d’autres. Le Barreau déplore une « délinquance juridique » et promet des actions. Il « exige le retrait immédiat et sans délais des exemplaires vendus ou non du document faux qu’on appelle à tort ‘nouvelle constitution’. » https://revue-afrique.com/guinee-conakry-la-constitution-a-t-elle-ete-falsifiee-par-le-pouvoir/

https://revue-afrique.com/guinee-conakry-la-constitution-a-t-elle-ete-falsifiee-par-le-pouvoir/

Jeune Afrique (Panafricain)

  • Guinée : Alpha Condé conseillé par les avocats Jean-Paul Benoît et Jean-Pierre Mignard

Après le dépôt d’une procédure à la CPI, Jeune Afrique s’intéresse aux conseillers juridiques de l’Etat guinéen : « Selon nos informations, la priorité de Jean-Paul Benoît et de Jean-Pierre Mignard (du cabinet Lysias Partners) est de surveiller l’éventuelle ouverture d’une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI).

À la fin d’avril, leurs confrères William Bourdon et Vincent Brengarth avaient saisi le bureau de la procureure Fatou Bensouda au nom du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC, opposition) afin qu’il enquête sur les violences qui avaient émaillé le référendum constitutionnel du 22 mars. Le gouvernement et l’opposition s’incriminent mutuellement et sont en désaccord sur le bilan de ces évènements.

Les deux avocats français suivent déjà les procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé devant la CPI pour le compte de l’État ivoirien. Ami de longue date du président Alassane Ouattara, dont il est par ailleurs l’avocat personnel, Jean-Paul Benoît connaît également Alpha Condé depuis longtemps. Les deux hommes avaient été présentés l’un à l’autre par un ami commun dans les années 1980 alors que le président guinéen vivait en exil à Paris. » https://www.jeuneafrique.com/993392/politique/guinee-alpha-conde-conseille-par-les-avocats-jean-paul-benoit-et-jean-pierre-mignard/

https://www.jeuneafrique.com/993392/politique/guinee-alpha-conde-conseille-par-les-avocats-jean-paul-benoit-et-jean-pierre-mignard/

ActuCameroun (Cameroun)

  • Constitution en Guinée: Des organisations de la société civile dénoncent un projet « falsifié »

ActuCameroun relaye les critiques du Barreau de Guinée contre le nouveau texte constitutionnel : « En Guinée, le ton commence à monter quant à la Constitution adoptée en mars dernier dans le pays. Des différences existeraient entre ce qui a été soumis au vote et ce que le journal officiel a publié le 14 avril 2020.

Des organisations de la société civile guinéenne sont montées au créneau pour dénoncer une discontinuité notée entre le texte adopté par référendum le 22 mars 2020 et celui publié au journal officiel de la République de Guinée, parue le 14 avril 2020. Et c’est le Barreau des avocats qui a pris l’initiative de dénoncer ce que ses membres appellent une « délinquance juridique » tout en demandant le retrait de cette nouvelle Constitution.

Parmi les 21 modifications apportées à la Loi fondamentale guinéenne, deux attirent l’attention de certains juristes. D’abord la possibilité pour des candidats indépendants de briguer des mandats électifs disparaît. C’était une innovation du texte soumis à référendum le 22 mars. Selon la nouvelle Constitution, il faut appartenir à un parti politique et être parrainé par des électeurs pour être candidat à une élection.

Par ailleurs, le nouveau texte renforce les attributions du président, en le dotant des pouvoirs réglementaires. Il revient ainsi au chef de l’État, et non au Premier ministre, de signer des décrets sur le plan territorial. « C’est un régime présidentialiste », s’alarme un expert.

L’ordre des Avocats dénonce « une infraction de faux en écriture publique » et demande le retrait du texte. « Le projet qui a été proposé au peuple, à l’annonce du journal officiel, se trouve modifiée ou falsifiée. Nous demandons que cette Constitution qui est falsifiée soit retirée. Ce que le peuple a voté soit là pour le peuple, au nom du peuple ».

Pour le ministre de l’Hydraulique, Papa Koly, par ailleurs responsable du RPG, le parti au pouvoir, aucune version finale n’a été soumise au peuple, car le texte était en perpétuelle modification, avant et après son adoption. »

2 juin

Jeune Afrique (Panafricain)

  • Guinée : Kabinet Cissé, le quadra chargé d’organiser la prochaine présidentielle

Jeune Afrique publie un portrait en plusieurs points de Kabinet Cissé, nouveau président de la Céni : « C’est lui qui aura pour tâche d’organiser la prochaine présidentielle en Guinée : Kabinet Cissé est le nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante. Zoom sur cet homme discret issu de la société civile.

  • Surprise

L’élection de Kabinet Cissé à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a surpris les analystes, qui misaient plutôt sur son adversaire, le juriste Mamady 3 Kaba. Mais ce dernier, dont la candidature était contestée par le barreau, a renoncé à la dernière minute à affronter Kabinet Cissé, qui a été élu à huis clos, sans adversaire, le 26 mai.

Plus médiatique, Mamady 3 Kaba, enseignant d’université de 41 ans, avait connu une ascension fulgurante ces dernières semaines. Il a d’abord été nommé directeur de cabinet d’Amadou Damaro Camara, le nouveau président de l’Assemblée nationale. Puis, une semaine plus tard, Alpha Condé a entériné sa désignation à la Ceni, pour remplacer Amadou Salif Kébé, emporté par le coronavirus.

  • Plus tranchant ?

Cet économiste de formation âgé de 43 ans est « discret et introverti », à en croire ses proches. On le dit aussi « patient, honnête et fidèle en amitié ». S’ils le décrivent comme un homme à la fois conciliant et ferme, ses amis s’accordent à dire que son nouveau poste lui commandera d’être « plus tranchant et moins froid ».

  • Passage obligé

Ces dernières années, le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) est devenu le pourvoyeur unique de présidents de la Ceni. Kabinet Cissé n’échappe pas à la règle. Il y a tissé de solides amitiés avec Dansa Kourouma, qui préside l’instance.

  • Expert du développement

Avant d’intégrer la Céni, Kabinet Cissé a également dirigé le Centre du commerce international pour le développement (Cecide), spécialisé dans la formation des jeunes et des femmes autour des questions de développement et d’intégration économique. Il avait remplacé à ce poste un ancien président de la Céni, et ex-membre du CNOSCG : Bakary Fofana.

  • Génération 2000

Kabinet Cissé est issue de la génération formée au début des années 2000, tout comme Dansa Kourouma et Alpha Abdoulaye Diallo, respectivement président et vice-président du CNOSCG, ainsi que Mouctar Diallo, ministre de la Jeunesse issu de la société civile. À l’initiative de Cissé, le quatuor a créé en 2003 l’ONG Réseau Afrique jeunesse de Guinée (Raj-Gui).

  • Apolitique

Cissé n’a jamais milité au sein d’un parti politique. « Quand Mouctar Diallo a lancé son parti, NFD [Nouvelles Forces démocratiques], j’étais tenté de le rejoindre par amitié. Mais Kabinet Cissé, lui, n’a jamais songé à la politique », illustre Dansa Kourouma. « C’est un pur produit de la société civile qui n’est pas facilement influençable », renchérit Alsény Dalo Bangoura, membre du conseil d’administration du Raj-Gui.

  • Procédurier

Kabinet Cissé entretenait des relations tendues avec son prédécesseur, Amadou Salif Kébé. Il lui reprochait de ne pas « respecter la procédure et de ne pas se soucier de la forme », glisse une source proche des deux hommes qui estime que « sa qualité de bon gestionnaire financier sera utile dans une institution où le partage de la manne est souvent source de bagarres ».

  • Élu par défaut ?

Même s’il a bénéficié des suffrages de 16 des 17 commissaires, Kabinet Cissé doit encore gagner la confiance de tous. « L’opposition a voté pour lui par défaut. Le fait que Kaba ait été nommé deux semaines auparavant dans le directoire du président du Parlement lui avait donné l’image d’un Kébé bis, analyse le politologue Kabinet Fofana.

« Cissé a déjà des attaches avec ses collaborateurs, alors que Kaba, nouveau, a été perçu comme une menace », ajoute-t-il. Dansa Kourouma est du même avis : « Les commissaires ont préféré élire un des leurs plutôt que quelqu’un qui vient d’arriver. Kaba l’a compris, il s’est désisté. »

  • Grands chantiers

Kabinet Cissé hérite de grands chantiers : assainir un fichier électoral décrié par l’opposition, l’Organisation internationale de la francophonie ainsi que la Cédéao, et organiser une élection présidentielle majeure, qui cristallise les crispations autour de la volonté d’Alpha Condé, au pouvoir depuis près de dix ans, de briguer un troisième mandat.

  • Enseignant chercheur

Toujours la tête dans les dossiers, Kabinet Cissé se passionne pour la recherche et la lecture. Son élection à la tête de la Céni l’a contraint à suspendre ses cours de master 2 en recherches sur la « Dynamique des pays émergents et en développement » à Paris-1 Panthéon-Sorbonne. » https://www.jeuneafrique.com/992462/politique/guinee-kabinet-cisse-le-quadra-charge-dorganiser-la-prochaine-presidentielle/?utm_source=twitter.com&utm_medium=social&utm_content=jeune_afrique&utm_campaign=post_articles_twitter_02_06_2020

https://www.jeuneafrique.com/992462/politique/guinee-kabinet-cisse-le-quadra-charge-dorganiser-la-prochaine-presidentielle/?utm_source=twitter.com&utm_medium=social&utm_content=jeune_afrique&utm_campaign=post_articles_twitter_02_06_2020

1er juin

Financial Afrik (Panafricain)

  • Covid-19: l’exception africaine propulsée au-dessus de la barre des 140 000 cas

Selon Financial Afrik, la Guinée est le 8ème pays d’Afrique le plus touché par le coronavirus (un classement qui prend en compte le nombre de cas détectés et non de décès) :  « Le nombre de cas confirmés de COVID-19 sur le continent africain a atteint 141.535 dont 4069 décès au 31 mai 2020. Bien loin des USA avec 1 825 970 infectés et 105 773 morts. Le continent, objet de rapports alarmants de la part de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), fait part d’une résilience remarquable qui bouscule jusqu’au Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) un temps aligné sur les prévisions internationales.

Le virus s’est jusqu’à présent propagé dans 54 pays africains, a noté l’agence continentale CDC Afrique. Par ailleurs, 59.212 personnes infectées par le COVID-19 se sont rétablies à travers le continent en date de dimanche matin. En valeur absolue, le pays le plus touché par la pandémie est l’Afrique du Sud avec 32 680 cas positifs et 683 décès, suivie par l’Egypte (24 985 cas positifs et 959 décès), le Nigeria (10 162 cas positifs; 287 décès), l’Algérie (9 394; 653 décès), le Ghana (8070 cas; 36 décès), le Maroc (7 819 cas; 205 décès), le Cameroun (5 904 cas; 191 décès), le Soudan (5026 cas; 286), la Guinée (3 706 cas; 23 décès), le Sénégal (3645 cas; 41 décès). A noter que plus de la moitié des décès (56%) recensés en Afrique ont lieu dans trois pays que sont l’Afrique du Sud, l’Egypte et l’Algérie.» https://www.financialafrik.com/2020/06/01/covid-19-lexception-africaine-propulsee-au-dessus-de-la-barre-des-140-000-cas/

https://www.financialafrik.com/2020/06/01/covid-19-lexception-africaine-propulsee-au-dessus-de-la-barre-des-140-000-cas/