Démobilisation, restructuration et réconciliation :
les maitres-mots de la réforme de l'armée

Le président Alpha Condé à un baptême de promotion de l'armée

La réforme du secteur de la sécurité a été l’une des actions prioritaires du gouvernement dès 2010. Après des décennies de régimes autoritaires et militaires, l’honneur et la dignité de l’armée avaient été entachés par l’exercice du pouvoir mené sous Dadis Camara.

La réforme de secteur de la sécurité était donc nécessaire et attendue comme un temps fort de la sortie de crise. Elle s’est appuyée sur une vision articulant démobilisation, restructuration et réconciliation. Objectif : une adhésion totale des forces armées à une nouvelle conception de la défense, à la participation active à la construction d’un Etat de droit et une soumission de l’armée à l’autorité civile légalement établie.

Jusqu’en 2010, l’organisation de l’armée reposait sur un système hiérarchique inversé, avec trois fois plus d’officiers que de soldats non gradés. Une des priorités de la réforme a donc été de remettre une logique de commandement structuré. Un départ dans de bonnes conditions a été proposé, permettant à 4200 gradés de partir à la retraite. Cette restructuration s’est également traduite par différentes actions, parmi lesquelles le démantèlement des barrages, la délocalisation des armes lourdes en dehors de Conakry, ou la construction de casernes. Elle a imposé aux soldats un véritable changement de comportement, en restreignant le port de l’uniforme et des armes.

La mise en œuvre d’un schéma directeur – la Politique nationale de défense et de sécurité – s’est concrétisé par l’adoption d’un corpus de textes réglementaires et de codes, et la révision des statuts du personnel. Un tableau d’avancement avec une professionnalisation et une formation des hommes a ainsi été créé. Dans le cadre de la démobilisation, la formation technique individuelle a permis à nombre d’anciens conscrits d’acquérir ou de renforcer leurs compétences dans des métiers variés : conducteurs, infirmiers, mécaniciens…

D’autres ont suivi un programme de formation de pompiers au sein pour intégrer de nouvelles unités de protection civile. Leur travail et leur engagement ont été déterminants pour aider les populations durant les trois années qu’a duré la lutte contre l’épidémie Ebola entre 2013 et 2016.

La restructuration de l’armée s’est traduite par la création et mise en place de différents projets : l’Agence du service civique d’action pour le développement (Ascad), qui bénéficie d’un encadrement militaire, est devenue un fleuron national en matière d’insertion des jeunes. Son succès en a fait un modèle repris par plusieurs pays du continent.

L’armée s’est également dotée d’un bataillon dédié aux opérations de maintien de la paix (OMP). Avec des compétences renforcées, les soldats guinéens composent une des forces les plus engagées au sein de la Minusma – mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali pour un maintien de la paix.

Socle majeur de la réforme de société engagée dès l’arrivée au pouvoir du Président Condé, la refonte de l’organisation de l’armée a permis de renouer un lien de confiance avec la population. L’armée guinéenne est désormais une véritable armée républicaine, formée pour la défense du territoire et des citoyens.