Solidarité nationale, une exigence face au Covid-19

Comme partout sur la planète, l’épidémie de coronavirus poursuit son œuvre destructrice en Afrique. Mais le continent résiste bien, à la grande surprise d’ailleurs des observateurs de la communauté internationale, occidentale devrait-on dire, toujours prompte à donner des leçons chez nous. La chaleur peut-être, l’accoutumance aux médicaments à base de chloroquine, utilisée massivement depuis plusieurs dizaines d’années pour lutter contre le palud, probablement, la jeunesse de la population, certainement, contribuent sans nul doute mais ne suffisent pas à expliquer cette bonne surprise. Trop souvent, les observateurs omettent d’évoquer aussi la capacité des Africains à se défendre bec et ongle pour leur survie. Ainsi, ce sont surtout les initiatives et les décisions prises pour lutter contre la pandémie, appliquées avec imagination, bon sens, pragmatisme et intelligence qui sont à l’origine des faibles dégâts constatés sur le terrain. En Guinée, c’est exactement ce qui se passe.

Alors que pour certains, l’état du système sanitaire suscitait l’inquiétude face à la pandémie, le pays a déclaré au 1er mai 1 580 cas confirmés de coronavirus, dont 7 décès. Ce chiffre représente un résultat environ 3000 fois moins élevé qu’en France ! Bien sûr, c’est 7 morts de trop, et la Guinée pleure ses enfants emportés. Mais il faut aussi noter l’engagement des autorités pour préparer le pays à résister à l’épidémie. Elles n’ont pas hésité à prendre des risques en participant à des réunions internationales visant à s’informer sur les bonnes mesures barrières à appliquer, au mépris du danger de contamination. Ces autorités paient d’ailleurs un lourd tribut avec la mort de plusieurs hauts responsables après avoir contracté la maladie, dont le secrétaire général du gouvernement et le président de la commission électorale.

En Guinée, on sait ce que veut dire pandémie en termes de dégâts humains, économiques, sociaux et politiques. Ebola n’est pas si loin, qui a fortement traumatisé la population à l’époque. Le pays en est venu à bout il y a à peine 5 années grâce à la lutte acharnée organisée de main de maître par les autorités à l’époque et par la solidarité nationale qui avait vu le pays se dresser comme un seul homme face au virus mortifère. On aurait souhaité que le même état d’esprit puisse prévaloir face au Covid 19. Mais une frange de l’opposition refuse le consensus national qui permettrait de faire face plus efficacement à la lutte contre ce mal universel. Une fois encore, par ambition personnelle, l’homme qui préside le mouvement d’opposition dit Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) fait feu de tout bois et poursuit sa manœuvre de déstabilisation de la société guinéenne.

Ayant contracté avec une grande société étrangère spécialisée à qui il a confié son image, il communique à tour de bras dans plusieurs grands médias occidentaux, dans des forums et autres événements internationaux. Le but est de discréditer à tout prix le pouvoir en place à l’extérieur du pays et de semer le désordre social et l’anarchie en Guinée. Cela lui permettrait de se présenter comme le recours providentiel. Dans ce but, il n’hésite pas, avec ses partenaires, à fabriquer ses preuves, allant jusqu’à utiliser des images d’événements n’ayant jamais eu lieu en Guinée. A ce jeu, il s’est d’ailleurs fait prendre la main dans le sac par Médiapart, le média français d’investigation, qui a dénoncé sa manoeuvre.

L’opposant utilise aussi des ONG pour poursuivre son œuvre maléfique. Ainsi, l’organisation non gouvernementale (ONG) de défense des droits humains Human Rights Watch a accusé, mercredi 29 avril, le pouvoir en Guinée d’entraver la nécessaire coopération de la population dans la lutte contre le coronavirus en procédant à des intimidations et à des arrestations d’opposants, dans un contexte de restrictions des libertés liées à la maladie et de crise politique persistante. On croirait rêver si le sujet n’était aussi grave. L’organisation prétend même que la Guinée serait plus touchée que ses voisins, affirmation parfaitement fausse visant à discréditer l’autorité en charge, ce qui est facile à vérifier. Il suffit d’examiner les chiffres quotidiens livrés par les médias pour s’en convaincre, la Guinée serait plutôt un peu moins touchée que ses voisins.

En fait, la vérité est ailleurs. Si la Guinée enregistre peu de décès, c’est parce que les autorités ont su prendre sans retard les bonnes mesures, malgré que le contexte sanitaire en matière de moyens soit difficile. Ainsi, l’instauration d’un couvre-feu nocturne, la fermeture des écoles, des frontières et des lieux de culte, ainsi que les restrictions des rassemblements ou encore l’obligation du port du masque sont à l’origine du résultat obtenu. On notera au passage le pragmatisme des décisions prises, n’imposant pas l’incontrôlable. De même, on a pu voir l’autorité donner l’exemple en matière de mesures contraignantes, n’hésitant pas à faire preuve de pédagogie pour montrer comment les appliquer.

Au bilan, les conséquences du Covid-19 seront lourdes pour la Guinée, comme pour les autres nations. Au plan économique, le pays sera affecté durement du fait de la paralysie du système d’échange international. Chacun mesurera concrètement ces conséquences dans son quotidien et, dans ce type de situation, le risque de désordre social n’est jamais à exclure. Mais là encore, la Guinée pourra réduire l’impact négatif si les Guinéens font preuve de solidarité nationale. C’est une priorité, une obligation morale car les temps le commandent. Les autorités guinéennes, avec nuance et intelligence y travaillent. Il faut vraiment qu’elles soient entendues, c’est vital pour le pays.

Fossény Diallo